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A mon sens, cette intervention ne répond pas aux besoins actuels du secteur social pour plusieurs raisons :
- Manque de mesures immédiates et concrètes
- Beaucoup de propositions restent à l’état de projet ou d’expérimentation (ex. : ratios d’encadrement à horizon 2026, déploiement progressif des comités départementaux de protection de l’enfance).
Or, les acteurs de terrain signalent une urgence dans la prise en charge des enfants et des professionnels déjà en souffrance.
- Absence de solutions face au manque de personnel et aux bas salaires
Le texte reconnaît le problème du manque d’attractivité des métiers du secteur, mais les solutions proposées (facilitation de la VAE, cumul d’activités pour les assistants familiaux) restent floues et limitées.
- La question salariale, pourtant centrale, n’est pas abordée alors qu’elle constitue un levier majeur pour fidéliser et recruter des professionnels.
Aucune revalorisation immédiate des salaires ni amélioration des conditions de travail n’est évoquée, alors que ce sont des revendications majeures des travailleurs sociaux.
- Approche trop administrative et descendante
Le renforcement des contrôles et des outils numériques est présenté comme une priorité, mais cela risque d’alourdir encore la charge bureaucratique des professionnels.
- Le partage d’informations et la coordination sont essentiels, mais sans moyens humains et logistiques supplémentaires, cela reste insuffisant.
Une vision centrée sur la protection et non sur la prévention
- Le texte affirme vouloir éviter les placements, mais les mesures concrètes pour renforcer l’accompagnement des familles en difficulté restent vagues.
- Les actions de soutien à la parentalité semblent secondaires alors qu’elles sont essentielles pour limiter le nombre de placements.
- Un Haut-Commissariat perçu comme une perte de moyens et d’influence
La nomination d’un Haut-Commissaire à l’Enfance, au lieu d’un ministère dédié, inquiète les acteurs du secteur qui craignent une baisse des ressources et de l’influence politique de cette fonction.
Son rattachement au ministère de Catherine Vautrin, sans indépendance vis-à-vis des autres ministères, risque de limiter son efficacité.
En somme, ce texte met en avant des intentions et des projets à moyen terme, mais il ne répond pas aux besoins urgents du secteur, notamment en matière de moyens humains, de financements concrets et d’amélioration des conditions de travail et de rémunération des professionnels.