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Bien sûr, ça et là on annonce des ouvertures de lieux d'accueil pour les enfants dits en danger.
C'est notamment l'occasion pour les politiques de réaliser bien belles photos et n'est ce pas là l'essentiel?
Pourtant les moyens manquent cruellement.
Bien sûr, on rétorque le plus souvent, comme pour se défendre et justifier l'immobilisme que tout cela à un coût et que vous comprenez, avec la crise...
C'est vrai que c'est dur pour tout le monde. Pourtant, la vie d'un enfant à t'elle un prix?
Puisque nous sommes dans une merveilleuse logique capitaliste, ne pourrions pas voir le soin apporter à l'enfant comme un investissement sur l'avenir ?
Pour en revenir aux politiques, j'en connais qui ont la charge du sujet et qui n'y connaissent absolument rien. C'est déjà au départ très problématique.
Je peux juste témoigner ici, en tant que professionnel du manque criant de structures pouvant accueillir des enfants en danger.
Les problématiques sont multiples et même s'il serait illusoire de penser qu'il pourrait exister un lieu pour chacune d'entre elles, il est réaliste d'affirmer qu'il est réel de constater les manques criants de moyens et par ricochet la mise en danger des enfants que l'état est censé protéger.
Concrètement, et une fois encore les exemples pourraient être multiples, il est devenu courant de "placer" un enfant dans un lieu peu adapté faute de mieux. Par exemple, un enfant souffrant de troubles psychologiques et ne pouvant rester chez ses parents pour X raisons, peut se retrouver dans un foyer départemental ou autre où cohabitent souvent des enfants aux caractéristiques bien différentes les unes des autres.
Trouver un lieu dit "adapté" devient un véritable parcours du combattant voir même une mission impossible.
Alors les placements dans des lieux inadaptés faute de mieux deviennent la norme .
Peut on réellement continuer ainsi?
Bien sûr que non. Ni pour les enfants , ni pour les professionnels. L'impression de se retrouver isolé avec des problématiques de plus en plus corsées et des moyens de moins en moins pertinents amènent également au découragement professionnel et à la raréfaction des candidats faute d'intérêt pour les métiers du secteur social.
Une petite suggestion pour nos élus. Un peu moins de photos, et plus d'action. Je n'ai jamais entendu l'élu que je connais en charge de ces dossiers proposer quoi que se soit. Or, dans ce domaine comme dans d'autres, la situation nécessiterait des élus qui n'hésitent pas à aller au charbon, avec des convictions autres que celles de protéger leurs statuts.
Voeu pieu?