/image%2F7041264%2F20261004%2Fob_1c6dbb_1000044501.png)
« Il ne peut y avoir de plus vive révélation de l'âme d'une société que la manière dont elle traite ses enfants. » Cette phrase de Nelson Mandela devrait être affichée dans chaque ministère, chaque préfecture, chaque hémicycle.
Depuis plusieurs jours, des lycéens se mobilisent. Ils expriment des inquiétudes, des colères, des exigences, sur leur avenir, leurs conditions d'étude, le monde qu'on leur laisse. On peut discuter le fond de leurs revendications, on ne peut pas contester leur légitimité à les porter. Un adolescent qui se mobilise n'est pas un fauteur de troubles, c'est un citoyen en devenir qui prend au sérieux ce que l'école lui enseigne : la démocratie, le débat, la liberté d'expression.
Or la réponse apportée est celle de la fermeté, des interpellations, de la répression.
Quel message adresse-t-on à une jeunesse qui prend la parole et à qui l'on répond par la contrainte ?
Après quinze ans de protection de l'enfance, auprès de jeunes que personne n'écoutait, je sais ce que produit le sentiment de ne pas compter : de la rupture, de la défiance, parfois du désespoir.
Un jeune qu'on n'entend pas finit par ne plus parler, ou par parler autrement.
Nos élus ont le choix. Ils peuvent voir dans cette mobilisation une menace à contenir, ou une chance : celle d'une jeunesse qui s'intéresse encore à la chose publique, alors que tant d'adultes s'en détournent. Écouter ne signifie pas tout céder. Cela signifie recevoir, dialoguer, répondre, et reconnaître à ces jeunes la dignité d'interlocuteurs.
C'est dans la manière dont nous traitons nos enfants, jusque dans leur colère, que se révèle ce que nous sommes. Il est encore temps de faire le bon choix.