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L'île aux Aigrettes : sauver ce qui peut l'être.
Il faut prendre un bateau depuis Mahébourg, puis accepter la chaleur, l'humidité et les moustiques. L'île aux Aigrettes ne se donne pas facilement, et c'est tant mieux. Ce petit bout de terre corallien, classé et protégé, abrite ce qui subsiste de la forêt d'origine de Maurice.
Dès les premiers pas, on croise des tortues géantes centenaires, imposantes, lentes, indifférentes à notre présence. Plus loin, une nurserie accueille les plus jeunes, minuscules et fragiles, qui sont là pour que l'espèce reprenne sa place dans le paysage. On découvre des arbres rares, des reptiles qui se fondent dans le décor, et des oiseaux multicolores qui surgissent dans le feuillage. Parmi eux, le pigeon rose, propre à Maurice, a failli disparaître : il n'en restait qu'une poignée d'individus à la fin du XXe siècle. Le voir aujourd'hui, c'est mesurer ce que des années d'efforts peuvent changer.
Notre guide a su faire passer l'essentiel : l'urgence. Ici, rien n'est acquis. Chaque espèce sauvée l'a été de justesse, et chaque arbre replanté est un pari sur l'avenir.
Et le visiteur n'est pas un simple spectateur. Les visites sont limitées et encadrées, et leur produit contribue à financer le travail de restauration mené sur l'île : replantation, lutte contre les espèces invasives, élevage et réintroduction. En venant ici, on participe, très concrètement, à la sauvegarde de ce qui reste. Marcher sur ce sentier, écouter le guide, c'est déjà prendre part à cette course contre la disparition. C'est pourquoi je recommande cette visite à quiconque passe par Maurice : on en repart avec quelques belles images, et avec le sentiment d'avoir été utile.