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Pamplemousses, la parenthèse verte.
Il y a des lieux qui ralentissent le pas sans qu'on ait besoin de se l'ordonner. Le jardin de Pamplemousses, au nord de Port-Louis, est de ceux-là. Dès l'entrée, la chaleur humide se tempère à l'ombre des grands arbres, et le bruit du monde s'éloigne.
Les allées sont bordées de palmiers royaux, d'une régularité presque solennelle. Plus loin, les célèbres nénuphars géants étalent leurs larges feuilles rondes sur l'eau, comme des plateaux posés là par un géant distrait. J'ai pris le temps de les regarder longtemps. On croise aussi des palmiers talipots, des arbres à épices dont on frotte une feuille pour en libérer le parfum, et des tortues géantes, lentes et imperturbables, qui semblent avoir tout compris au rythme qu'il faut donner à une journée.
Ce qui m'a le plus touché, c'est la sensation d'un lieu transmis. Ce jardin existe depuis le XVIIIe siècle, il a vu défiler des générations, et pourtant il reste là, entretenu, partagé, ouvert à tous. À l'heure où tant de choses se délitent faute de moyens et de considération, voir un espace commun préservé avec soin fait du bien.
Je suis reparti avec le parfum des épices sur les doigts et le sentiment d'avoir reçu une leçon de patience. Une belle journée, simplement.