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Je ne fais pas ce métier par vocation. Je n’ai jamais entendu d’appel, et je n’ai pas répondu à une mission sacrée. J’ai fait un choix.
J’ai choisi un métier exigeant, complexe et parfois violent. C’est un métier qui demande des compétences, une formation, de l’analyse et du recul. C’est un métier qui me confronte à la misère sociale, aux injustices et à l’échec des politiques publiques.
Quand on me parle de vocation, j’entends surtout une manière élégante de me demander de tenir sans me plaindre. De faire plus avec moins. De me taire quand je m’épuise.
La vocation sert à justifier des salaires trop bas, des effectifs insuffisants et une surcharge émotionnelle permanente. Elle transforme mon engagement en dette morale. Elle fait passer ma fatigue pour un manque de foi.
Je refuse cela. Je suis un professionnel, pas un martyr. Je peux être engagé sans me sacrifier. Je peux être humain sans me brûler. Je peux aimer ce métier sans accepter qu’il me broie.
Je n’ai pas besoin de vocation pour accompagner, écouter, soutenir et protéger. J’ai besoin de reconnaissance, de moyens, de temps et de collectif. J’ai besoin que mon travail soit respecté à sa juste valeur.
Je ne suis pas là par vocation. Je suis là parce que ce métier a du sens pour moi. Et justement parce qu’il a du sens, je refuse qu’on l’idéalisе pour mieux l’abîmer.