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Protéger les femmes : l’urgence contre l’hypocrisie
Chaque jour, des femmes meurent sous les coups de leur conjoint. D’autres fuient, se cachent, reconstruisent tant bien que mal leur vie. Et pendant que la société s’émeut, que les responsables politiques enfilent les discours comme des costumes de circonstance, la réalité, elle, continue de saigner.
D’un côté, on proclame la “grande cause du quinquennat”, on promet des numéros d’urgence, des bracelets anti-rapprochement, des plans nationaux. De l’autre, on réduit les budgets, on étouffe les associations, on ferme des centres d’hébergement, on supprime des postes de travailleurs sociaux. Celles et ceux qui, au quotidien, tendent la main aux femmes victimes de violences, se battent aujourd’hui pour simplement survivre.
L’hypocrisie du pouvoir, c’est cette mise en scène permanente d’une volonté politique sans moyens réels. C’est l’indignation télévisée, suivie d’un silence budgétaire. C’est la communication contre l’action. Derrière chaque “plan”, il y a des coupes. Derrière chaque discours, des associations contraintes de fermer leurs portes.
Protéger les femmes, ce n’est pas une option, ce n’est pas un effet d’annonce. C’est une responsabilité collective, un devoir moral et politique. Tant que les moyens ne suivront pas les mots, tant que les associations seront traitées comme des variables d’ajustement, tant que la peur règnera dans les foyers, nous ne pourrons pas parler d’égalité.
Protéger les femmes, c’est protéger la dignité humaine. Et cela ne se décrète pas : cela se finance, cela se construit, cela se vit dans les actes.