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Je suis allé à la rencontre des aides-soignantes dans plusieurs EHPAD.
Partout, le même constat : le recours à l’intérim et aux vacataires devient la norme. Les équipes, sans cesse en mouvement, peinent à trouver une stabilité pourtant essentielle dans ce métier d’humain.
Les salaires respectent certes une grille, mais ils demeurent notoirement insuffisants face à la charge et à la difficulté du travail : horaires épuisants, gestes physiques lourds, manque de reconnaissance, et pression constante.
Ces femmes et ces hommes, isolés dans un système qui les use et les broie, continuent pourtant d’assurer la dignité de nos aînés. Beaucoup songent à se syndiquer, à faire entendre leur voix. Mais faute de relais, de temps ou de soutien, ils n’osent pas.
Leur condition de travail est un pur scandale.
Et ce qui l’est encore plus, c’est qu’on fasse mine de s’intéresser au sort de nos aînés tout en diminuant les moyens humains et matériels qui leur sont consacrés.
On n’entend souvent parler de ces professionnels que lorsqu’il est question de maltraitance.
Mais comment un système professionnellement maltraitant pourrait-il ne pas engendrer, malgré la bonne volonté des personnels, sa part de maltraitance ?
Il est temps d’ouvrir les yeux : la maltraitance institutionnelle existe, et elle détruit aussi bien les soignants que les soignés.
Nos EHPAD ne doivent pas devenir des mouroirs professionnels.
Il est urgent de redonner sens, moyens et respect à ces métiers du soin, sans lesquels notre société perd son humanité.