/image%2F7041264%2F20250902%2Fob_2af868_1000025441.jpg)
Je ramène ce terrible événement à la vie de notre propre village, parce qu’il serait trop facile de s’indigner tout en laissant supposer que cela n’arrive qu’ailleurs. Une directrice d’école s’est suicidée, harcelée et humiliée à cause de son orientation sexuelle. Elle a cherché de l’aide, alerté, porté plainte. Mais elle a été seule. Absolument seule. Et cette solitude, combinée à l’hypocrisie et à l’inaction, a rendu possible l’irréparable.
Chaque fois que les responsabilités ne sont pas assumées, un drame se produit. Personne n’est à l’abri. Les institutions qui ferment les yeux, les élus qui préfèrent l’apparence à l’action, les associations et habitants qui se taisent ou détournent le regard… tous deviennent, malgré eux, complices de cette indifférence meurtrière.
Si un tel drame venait à frapper notre village, il faudrait que chacun accepte sa part de responsabilité. Notre communauté devrait être un lieu où personne n’est laissé seul face à la haine ou à la peur d’être soi-même. Elle devrait être un lieu de solidarité, de protection et de courage partagé.
Ce suicide nous rappelle brutalement que la solitude peut tuer autant que la haine. Et que si nous ne veillons pas, si nous ne prenons pas nos responsabilités, la tragédie pourrait frapper ici aussi, chez nous. Et ce n’est pas valable uniquement pour ce type de drame : c’est vrai pour n’importe quelle problématique. Un adulte qu’on laisse à son désespoir, un enfant qu’on ne protège pas… chaque inaction peut devenir fatale. Nous ne pouvons plus nous permettre l’indifférence.