/image%2F7041264%2F20250711%2Fob_42a8ce_1000022975.jpg)
En tant que citoyen·et professionnel concerné, j' écris avec une profonde inquiétude face à l’effondrement progressif d’un pilier essentiel de notre société : le travail social. Ce secteur, pourtant fondamental pour le lien social et la solidarité, se délite jour après jour dans une indifférence politique trop souvent flagrante.
Je n’attends pas seulement une réponse de principe. J’attends des actes clairs, concrets, à la hauteur de l’urgence de la situation. Le manque de moyens, la surcharge des professionnels, la perte de sens et la souffrance au travail ne sont plus supportables. Il est temps de reconnaître publiquement cette réalité, sans détour ni langue de bois.
J’attends des élus une écoute réelle. Pas un dialogue institutionnel aseptisé, mais une prise de contact directe avec celles et ceux qui vivent la crise du travail social sur le terrain. Nous avons besoin d’un échange honnête, régulier et sans récupération politique.
Il est urgent de prendre des mesures concrètes : revaloriser les salaires de tous les professionnels du social et médico-social, réduire la charge de travail et les effectifs par travailleur·se, alléger les tâches administratives qui dévorent notre temps, et renforcer les équipes et les moyens à disposition dans les structures.
Je souhaite que les élus portent une vision différente du social : non pas comme un coût à réduire, mais comme un investissement humain et démocratique. Les politiques sociales doivent retrouver leur sens : accompagner, soutenir, protéger, et non contrôler, punir ou exclure.
Je leur demande aussi de garantir le respect de notre éthique professionnelle. Nous ne voulons plus être transformés en gestionnaires de misère ou en agents de tri social. Notre métier repose sur des valeurs : la dignité, la relation humaine, la liberté de jugement. Ces principes doivent être protégés.
J’attends enfin des engagements suivis d’effets. Je me contenterai difficilement de belles paroles ou de promesses vagues. Je demande de la transparence, des actes visibles, des décisions assumées. Et je serai attentif·ve à voir qui choisira de répondre — et qui choisira de se taire. Car le silence, s’il y en a, parlera de lui-même.
Pour ma part, je ne me défilerai pas devant mes responsabilités. Je suis prêt·e à aller à la rencontre de toutes celles et ceux qui me proposeront un échange. J’y répondrai avec honnêteté, exigence et ouverture. Parce que je crois encore en la force du dialogue, et en la possibilité de redonner au travail social la place qu’il mérite.