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#oliviertherond #autremondepossible
Sur la page "Angervilliers Citoyens", nous avons publié une phrase hommage pour célébrer le 8 mai.
La force des réseaux, quand ils sont utilisés à bon escient, c'est de se nourrir des commentaires.
Ainsi, Joël et Karima ont rappelé que la commémoration devait aussi célébrer d'autres événements, fussent-ils moins glorieux pour notre pays.
Alors, j'ai imaginé ce petit texte, sorte de discours fictif sur une célébration du 8 mai, synthèse de tous les commentaires.
"Mesdames, Messieurs, chers concitoyens,
Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer un moment charnière de notre histoire : la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, ce 8 mai 1945. Une date gravée dans la mémoire collective, symbole de la victoire contre la barbarie, mais aussi du prix incommensurable payé pour retrouver la paix.
La paix. Elle est souvent évoquée comme une évidence. Pourtant, elle est un combat quotidien. Elle est ce souffle fragile que l’histoire nous a tant de fois montré capable de vaciller. Aujourd’hui, en pensant à celles et ceux tombés pour que nous puissions vivre libres, en démocratie, nous devons nous souvenir que la paix n’est pas l’absence de guerre, mais la présence de justice, de respect et de fraternité.
Cette journée de mémoire nous offre aussi l’occasion de regarder en face nos propres responsabilités historiques. Car notre pays, comme tant d’autres, a connu ses heures de gloire, mais aussi ses zones d’ombre. En ce même mois de mai 1945, alors que la guerre s’achevait en Europe, la France commettait en Algérie, à Sétif, Guelma et Kherrata, des massacres sanglants contre des populations civiles en quête de liberté et de reconnaissance. Ces événements, longtemps passés sous silence, nous rappellent que la paix véritable exige le courage de la vérité, même lorsque cette vérité dérange.
Permettez-moi ici de citer Jean Jaurès, dont les mots résonnent avec une justesse intemporelle :
« L'humanité n’a pas besoin de guerre pour être grande. »
Cette grandeur-là, c’est celle que nous devons cultiver, ici et maintenant.
En ce jour de mémoire, je pense à tous les civils, résistants, soldats, femmes et hommes de l’ombre, qui ont cru, contre l’oppression, que l’humanité pouvait se relever. Leur courage n’était pas celui de la haine, mais de l’espérance. Ils ont refusé la résignation, ils ont choisi l’action. Leur combat était celui d’un avenir à construire, d’un monde sans chaînes.
Mais que reste-t-il de cette promesse si nous oublions ? Si nous restons indifférents aux conflits qui déchirent encore tant de peuples ? Si nous détournons les yeux face à la montée de l’intolérance, du rejet de l’autre, de l’oubli des plus vulnérables ?
Nous avons aujourd’hui une responsabilité : celle de continuer à faire vivre la paix, ici, à Angervilliers comme ailleurs. Cela commence dans nos paroles, dans nos gestes quotidiens, dans notre manière d’être avec les autres. Cela continue par notre engagement pour une société plus juste, plus solidaire, plus humaine.
Alors, en ce 8 mai, rendons hommage aux héros d’hier, mais soyons aussi les artisans de demain. Car la paix se cultive. Elle se construit. Elle se protège. Elle se partage.
Et elle se vit, ensemble.
Je vous remercie."