Je ne peux pas détourner les yeux. Je ne peux pas faire semblant de ne pas voir, de ne pas savoir. Chaque jour, dans notre pays, des enfants, des adolescents, des jeunes adultes sont menacés d’expulsion. Ils sont nés ailleurs, mais ils vivent ici. Ils parlent notre langue, vont à l’école avec nos enfants, jouent dans les mêmes cours de récréation, rêvent aux mêmes avenirs. Ils aiment, ils apprennent, ils espèrent. Comme n’importe quel enfant, comme n’importe quel jeune.
Et pourtant, ils vivent dans la peur. La peur qu’un matin, on vienne frapper à leur porte. La peur d’être arrachés à leur vie, à leur classe, à leur foyer. D’être envoyés dans un pays qu’ils ne connaissent parfois pas, où il n’y a ni repères, ni sécurité. Cette peur, personne ne devrait la connaître à dix, quinze ou dix-huit ans.
Face à cette violence institutionnelle, à cette froideur administrative, je ne peux pas me taire. Je refuse que des enfants soient traités comme des dossiers, des "cas" à gérer, à expulser. Je refuse qu’on sacrifie des vies au nom de procédures, de chiffres, de politiques migratoires déshumanisées.
C’est pourquoi je tiens à affirmer tout mon soutien à celles et ceux qui, jour après jour, s’engagent pour les défendre. Le Réseau Éducation Sans Frontières, les enseignants, les camarades de classe, les voisins, les citoyens solidaires… Tous ces anonymes qui deviennent des héros du quotidien. Ils rappellent que la République n’a de sens que si elle protège. Que les droits de l’enfant ne se discutent pas. Que la solidarité est une force, pas un délit.
Je suis à leurs côtés. Je m’engage, avec mes mots, ma voix, ma présence, pour qu’aucun enfant ne soit laissé de côté. Pour que chaque jeune, quel que soit son pays d’origine, puisse construire sa vie ici, en paix, avec dignité.
Parce qu’accueillir, protéger, accompagner, ce n’est pas faire preuve de naïveté, c’est faire preuve d’humanité. Et je choisis l’humanité.