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Tant qu’on se contentera de constats et de solutions simplistes pour rassurer l’électeur, rien ne changera. À chaque drame, les mêmes discours reviennent : plus de répression, plus de présence policière, parfois même l’armée. Comme si l’urgence émotionnelle devait toujours l’emporter sur la réflexion de fond.
Je ne dis pas que la prévention spécialisée est une solution miracle. Mais je sais qu’elle est un maillon essentiel. Elle permet d’agir en amont, de comprendre ce qui se joue dans ces quartiers, auprès de ces jeunes, de ces familles. Elle alerte, elle analyse, elle crée du lien là où il n’y en a plus.
Cela ne veut pas dire que la répression est inutile. Elle est nécessaire face à des actes graves, car l’autorité doit s’affirmer, et certaines violences ne peuvent rester sans réponse. Mais croire qu’elle suffira à régler le problème est une illusion. Punir sans prévenir, sanctionner sans accompagner, c’est condamner à voir l’histoire se répéter.
On a laissé s’écrouler tout un pan du travail social, fragilisant un système déjà précaire. Aujourd’hui, on s’étonne que les tensions explosent, que les violences surgissent là où il n’y a plus personne pour apaiser, pour prévenir.
Je refuse de me résigner à cette vision simpliste qui empile des solutions à court terme comme un château de cartes prêt à s’effondrer. Il est temps d’investir là où ça compte vraiment : dans l’humain, dans l’éducation, dans la présence sur le terrain. Pas juste dans la peur et la sanction.