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La rivière d'Azur s'était toujours écoulée au cœur de la vallée, nourrissant les terres et les âmes. Mais depuis quelques années, son eau claire se troublait, des poissons flottaient ventre en l’air, et les enfants n’y jouaient plus. Des usines en amont laissaient filer des résidus invisibles, et les habitants, trop occupés par leur quotidien, ne s’en inquiétaient plus.
Seule Louna, une jeune fille du village, refusait d'accepter cette lente agonie. Armée de son carnet et d’une vieille bicyclette, elle parcourait les rives, notant les changements, prélevant de l’eau, interrogeant les anciens. Un jour, elle découvrit une fuite d’un tuyau rouillé, déversant un liquide sombre dans la rivière. Elle prit des photos, alerta la mairie, frappa aux portes des maisons.
D’abord, on l’ignora. Puis, son obstination éveilla les consciences. Les villageois se rassemblèrent, signèrent une pétition, exigèrent des comptes. Les médias s’emparèrent de l’histoire, et bientôt, les responsables furent contraints d’agir.
Des mois plus tard, la fuite fut réparée, des barrières écologiques mises en place. Peu à peu, la rivière retrouva sa clarté. Un matin, Louna aperçut des libellules danser au-dessus de l’eau. Elle sourit.
L'eau n'avait pas de voix, mais désormais, elle avait des gardiens.