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Supprimer des postes d’éducateurs spécialisés en prévention, c’est une faute grave, une erreur dont nous paierons tous le prix. Je le sais, car je vois au quotidien l’impact de ce travail sur le terrain.
Mais c’est dans l’air du temps : on présente le tout-répressif comme la solution ultime. Plutôt que d’agir en amont, on préfère attendre que les problèmes explosent pour ensuite les traiter à coup de sanctions, d’interventions policières et de décisions judiciaires. Pourtant, on sait très bien que c’est inefficace et coûteux.
La prévention, c’est bien plus qu’un mot : c’est aller vers les jeunes avant qu’ils ne décrochent, c’est créer du lien là où il n’y en a plus, c’est désamorcer des tensions avant qu’elles ne dégénèrent. Sans ce travail patient et discret, les conséquences sont immédiates : augmentation de la violence, du décrochage scolaire, des tensions familiales, des placements, des prises en charge judiciaires… Et tout cela coûte bien plus cher que la prévention elle-même.
Le pire, c’est que ce choix est avant tout idéologique. Il ne repose sur aucune rationalité économique, car les dépenses seront à terme bien plus importantes. Moins de prévention, c’est plus d’interventions policières, plus de tribunaux engorgés, plus de prisons surpeuplées, plus d’accompagnements sociaux d’urgence. Chaque euro « économisé » aujourd’hui en supprimant ces postes sera dépensé dix fois plus demain pour tenter de réparer les dégâts.
En supprimant ces postes, on fait le choix d’une société qui ne veut plus prévenir mais seulement punir. On abandonne des jeunes, des familles, des quartiers entiers. Et demain, ce sont les services sociaux, la police, la justice et les hôpitaux qui crouleront sous les urgences que nous aurions pu éviter.
Je ne peux pas accepter cela. La prévention est un investissement, pas une dépense. La sacrifier, c’est condamner l’avenir.