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Ras le bol.
Je ressens une profonde tristesse et un immense agacement à l'idée de devoir, une fois de plus, descendre dans la rue pour défendre mon métier contre les coupes budgétaires. Être éducateur spécialisé, c’est accompagner, soutenir, reconstruire, redonner une place et une dignité à ceux que la société met trop souvent de côté. Pourtant, ce travail essentiel est méprisé, sous-payé, relégué au second plan des priorités politiques.
Le salaire d’un éducateur est dérisoire au regard de l’investissement humain qu’il demande. Il l’est aussi au regard des responsabilités que nous portons et des réalités auxquelles nous sommes confrontés au quotidien. Les conditions de travail se dégradent, les postes se vident faute de moyens et de reconnaissance, et dans un avenir proche, c’est une véritable pénurie de professionnels qui nous attend. À croire que cette pénurie est volontairement organisée pour mieux se débarrasser du social, pour déléguer nos missions à des structures privées ou tout simplement laisser le terrain à l’abandon.
Alors, je pose la question : sont-ce vraiment les professionnels qui coûtent cher ? Ou bien est-ce ce système politique gangrené par des décisions absurdes et des priorités déplacées ? Ne sont-ce pas plutôt ces décideurs, qui se battent comme des chiffonniers pour conserver leurs postes, leurs avantages et leurs émoluments, qui pèsent sur les finances publiques ?
Si des économies doivent être faites, alors il serait temps de changer de curseur et d’aller chercher l’argent là où il se trouve vraiment. Plutôt que de rogner sur l’éducation, le social, la santé ou la culture, pourquoi ne pas remettre en question le train de vie des institutions, le poids des lobbies, les cadeaux fiscaux accordés à quelques-uns ?
Je refuse de me résigner. Manifester est un acte nécessaire, mais cela ne suffit plus. Il faut imposer ce débat sur la place publique, forcer ceux qui prennent ces décisions à répondre de leurs choix. Parce qu’au bout du compte, c’est toute la société qui pâtira d’un système qui abandonne les plus vulnérables.