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Je vois un climat social de plus en plus délétère, alimenté par des politiciens qui méprisent la voix populaire et n’hésitent pas à brouiller les repères pour mieux asseoir leur pouvoir. La droite n’est plus qu’une extension de l’extrême droite, et toute pensée qui s’en éloigne est immédiatement qualifiée d’« extrême gauche ». Ce clivage artificiel ne doit rien au hasard : il sert à neutraliser toute critique du système, à disqualifier ceux qui proposent une alternative et à enfermer le débat dans une opposition caricaturale. À force de marteler ces idées, ils cherchent à imposer l’idée qu’il n’existerait qu’une seule voie possible : celle du libéralisme dur, du conservatisme autoritaire et du mépris des solidarités.
Pendant ce temps, le capitalisme poursuit son œuvre destructrice. Il ne protège pas les peuples, il ne sert pas l’intérêt général, il n’a qu’un seul objectif : préserver et accroître le capital de ceux qui en possèdent déjà trop. Ce système est conçu pour générer toujours plus d’inégalités, en concentrant les richesses entre les mains de quelques-uns pendant que la majorité s’enfonce dans la précarité. On nous parle de compétitivité, d’attractivité économique, mais ces mots ne sont que des paravents pour justifier la destruction des droits sociaux, la casse des services publics et la privatisation des biens communs. Les profits explosent pour quelques-uns, pendant que l’on demande aux autres de se serrer la ceinture, d’accepter l’austérité, de faire des sacrifices prétendument nécessaires.
Et comme si cela ne suffisait pas, nous voilà plongés dans une logique d’économie de guerre, au mépris de tout ce que l’histoire nous a enseigné. Les discours belliqueux se multiplient, les budgets militaires explosent, et les gouvernements adoptent une posture guerrière qui ne laisse plus de place à la diplomatie. On justifie ces choix en invoquant la nécessité de se défendre, d’être prêts, de répondre aux menaces, mais la réalité est bien plus cynique : derrière ces décisions se cachent des intérêts économiques colossaux. Le complexe militaro-industriel, soutenu par des États complaisants, profite de chaque tension, de chaque conflit, pour engranger des bénéfices records. Pendant que l’on trouve sans difficulté des milliards pour acheter des armes, on prétend qu’il n’y a plus d’argent pour les hôpitaux, pour les écoles, pour le logement, pour la transition écologique.
Pour autant, je ne suis pas naïf. Je sais que nous devons être en capacité de nous défendre. Un monde sans menaces, sans tensions, sans conflits, ce n’est pas la réalité dans laquelle nous vivons. Il est essentiel que nous soyons en mesure de garantir notre sécurité et notre souveraineté, mais cela ne signifie pas que nous devons sombrer dans une logique de militarisation aveugle, au service d’intérêts économiques et stratégiques qui nous échappent. Défendre un modèle démocratique et social ne se fait pas en adoptant les réflexes de ceux qui prônent la domination et la force brute.
C’est aussi pour cela qu’il est urgent de repenser l’Europe. Aujourd’hui, elle est trop souvent un marché avant d’être un projet politique. Elle manque de vision, de cohérence, de capacité à peser autrement que par des décisions technocratiques déconnectées des réalités des peuples. Nous avons besoin d’une Europe qui soit un véritable espace de souveraineté partagée, capable de garantir la paix, la justice sociale et une indépendance stratégique qui ne soit pas simplement un alignement sur des intérêts extérieurs. Il ne s’agit pas d’une Europe qui se contente d’être un bras armé au service d’alliances dépassées, mais d’une Europe capable de proposer un modèle alternatif, fondé sur la coopération, sur une diplomatie forte et sur une défense qui soit réellement au service des citoyens et non des lobbys de l’armement.
Je refuse cette fatalité. Je refuse de me laisser enfermer dans leurs cases, dans leurs raccourcis idéologiques, dans leurs discours manipulateurs. J’aspire à autre chose. J’aspire à un monde où la voix des citoyens compte réellement, où les décisions sont prises en fonction des besoins du plus grand nombre et non des intérêts d’une élite économique et militariste. J’aspire à un avenir où l’on investit dans l’éducation plutôt que dans les chars, dans la santé plutôt que dans les bombes, dans la justice sociale plutôt que dans la surveillance et la répression.
Je veux croire qu’il est encore possible de reconstruire un avenir commun, loin des postures cyniques, loin de la fatalité que l’on voudrait nous imposer. Mais pour cela, il faudra se battre. Il faudra s’organiser, résister, refuser de se laisser dicter un destin que nous n’avons pas choisi.
C'est aussi le sens de mon engagement : pour un monde "autrement".