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Alors que vont débuter les Jeux Para Olympiques, chacun peut mesurer combien la question du handicap attend des réponses à la mesure des enjeux que se soit dans l'accessibilité des bâtiments, la configuration de nos villes et villages et pour les enfants, l'inclusion des enfants en "milieu ordinaire".
Pour que ces jeux ne soient pas l'arbre qui cache la forêt il faudrait peut être rendre viables les décisions politiques déjà prises.
Alors que l'école inclusive se veut une garantie pour une scolarité "normale" aux élèves handicapés (ou en situation de handicap comme il est coutume de dire), un nombre trop important d'entre eux ne bénéficie justement pas de cette scolarisation.
L'articulation entre MDPH et l'éducation nationale reste complexe ce qui laisse des familles et des enfants en souffrance.
c'est en 2005 que la loi Handicap consacre « le droit pour chaque enfant à une scolarisation en milieu ordinaire, au plus proche de son domicile, et un parcours scolaire continu et adapté ». Pour cela, la loi instaure l’obligation d’accessibilité de l’école et crée notamment le poste d’accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH).
Mais une nouvelle fois, on ne peut que déplorer le manque de moyens mis en œuvre. Des textes sont parus qui traitent de ces manques et notamment le déséquilibre entre des demandes d'aide de scolarisation toujours plus importantes et les moyens rarement revus à la hausse des MDPH. Puis, vient ensuite les places dans des classes non adaptées et le manque de ressources des classes Ulis, les IME où il faut trop souvent patienter (le mot est faible), perdu dans une interminable liste d'attente.
Du coup, les élèves se retrouvent parfois en milieu ordinaire avec une AESH, sauf ... Qu'il n'y en a pas assez.
L’AESH accompagne les enfants handicapés dans les actes de la vie quotidienne et dans les activités d’apprentissage. .Cet accompagnement peut être mutualisé auprès de plusieurs élèves, ou individualisé pour un élève requérant une attention soutenue et continue.
Et là encore, le manque de moyens est criant.
Le métier souffre effectivement d’un manque d’attractivité, avec des contrats précaires et un salaire moyen de 850€ euros (sic) par mois. Prenant en charge tout type de handicap et en sous-effectif, les AESH exercent trop souvent dans des conditions de travail pénibles.
Leur formation demeure par ailleurs insuffisante pour comprendre la grande diversité et la complexité des différents handicaps. Pourtant, l’accueil des enfants porteurs de handicap à l’école repose à ce jour majoritairement sur ces accompagnants.
Pensée dans un idéal d’acceptation des différences, les dysfonctionnements de l'école inclusive amplifient aujourd’hui les tensions entre les institutions, les familles et des enseignants qui remettent parfois en cause l’inclusion systématique en milieu ordinaire des enfants handicapés.
Je me rappelle ici le jour où, distribuant des tracts pour les élections présidentielles au marché de Limours, une maman s'est arrêtée pour échanger avec le groupe où je me trouvais sur la situation de cette école inclusive. Elle était accompagnée de son fils polyhandicapé qui n'avait sa place nulle part. Cette maman nous a dit avoir dû mettre sa carrière professionnelle entre parenthèses pour s'occuper de son fils. Dans ses yeux , sa voix et ses gestes de tendresse envers son fils, j'ai pu alors mesurer son désarroi sans d'ailleurs trop savoir quoi lui répondre.
Il est vrai que le décalage entre les beaux discours, les textes bien ficelés tous emprunts de plans d'actions certainement sincères se heurtent à la cruelle réalité : trop de parents et d'enfants continuent de souffrir de ces manques de moyens criants. La désillusion est grande quand on se rend compte que des discours aux actes, le fossé paraît infranchissable.
Voilà un sujet dont les politiques de tous les bords et à toutes les échelles devraient prendre à bras le corps.