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Il y avait dans son regard une forme de calme que rien ne semblait pouvoir troubler. Illija Pantelić n’était pas qu’un gardien de but. Pour moi, il était un repère, un roc, une présence rassurante dans ce tumulte qu’était le football des années 70. À une époque où tout semblait bouger vite, lui restait là, imperturbable sur sa ligne, maître de sa surface comme un roi dans son royaume.
Ce que j’aimais chez lui, ce n’était pas seulement ses arrêts spectaculaires, ses envolées dignes d’un danseur, ou sa capacité à lire le jeu comme s’il en écrivait les règles. C’était sa dignité. Sa discrétion. Sa façon d’incarner le poste de gardien avec une classe silencieuse. Il ne cherchait pas la lumière, elle venait à lui, naturellement.
Quand j’étais gosse, je l’observais avec fascination. J’essayais de reproduire ses gestes dans le jardin ou dans la cour de l’école. Je me disais : « Un jour, moi aussi, je plongerai comme Pantelić. » Je n’ai jamais été gardien. Mais il m’a appris autre chose : la ténacité, le courage tranquille, la fidélité à ses principes.
Pantelić, c’était l’élégance de l’Est mêlée à la chaleur du Parc. Un joueur qui ne criait pas, mais qui imposait le respect par ce qu’il faisait, pas par ce qu’il disait. Il m’a appris qu’on pouvait être fort sans fracas, qu’on pouvait être un modèle sans chercher à l’être.
Aujourd’hui encore, son nom résonne en moi comme un souvenir précieux. Pas seulement pour ce qu’il a fait, mais pour ce qu’il a été. Et ce qu’il m’a transmis, à sa manière, sans même me connaître.