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Chaque week-end, j'ai constaté les dégâts causés par le football professionnel sur le football amateur. Les insultes contre les arbitres, les contestations permanentes, la victimisation systématique… Tout cela descend directement des élites du foot vers nos terrains locaux.
Quand un président de club pleure après chaque défaite en accusant l’arbitrage plutôt que de reconnaître les lacunes de son équipe, quand des dirigeants publient des vidéos où ils insultent les officiels ou s'insultent entre eux, quand le président d’un grand club comme l’OM évoque sans preuve une corruption généralisée des arbitres… Quel message envoient-ils ? Que la défaite n’est jamais de leur faute ? Que le respect des règles est secondaire ? Que le football n’est plus qu’un immense spectacle où seul le buzz compte ?
Le résultat, je l'ai vu chez les jeunes joueurs, chez les parents au bord des terrains, chez certains éducateurs. L’arbitre devient une cible, la frustration se transforme en agressivité, le respect disparaît. On parle souvent de la crise du recrutement des arbitres. Comment s’en étonner ? Qui voudrait arbitrer dans un monde où l’insulte est devenue une norme et où la remise en question a disparu ?
Ce milieu manque cruellement d’intelligence et de recul. À force de ne raisonner qu’en termes de profits, de droits TV et de valorisation financière des joueurs, ils ont oublié l’essence même du football. Ce sport, c’est d’abord une passion, un engagement, un vecteur de lien social. Mais quand le porte-monnaie remplace le cœur, le cerveau s’atrophie.
Les décisions ne sont plus prises pour le bien du jeu, mais pour maximiser l’audience et les revenus. La moindre polémique est amplifiée pour créer du buzz, les valeurs de respect et de fair-play sont sacrifiées sur l’autel du spectacle. Et pendant ce temps, sur les terrains amateurs, on en subit les conséquences.
Si ces dirigeants avaient un minimum de lucidité, ils comprendraient qu’à force de décrédibiliser l’arbitrage, de nourrir la défiance et d’entretenir un climat de tension permanente, ils mettent en péril tout l’écosystème du football. Mais visiblement, réfléchir à long terme, c’est trop demander à un milieu où la seule chose qui compte, c’est la prochaine transaction, le prochain contrat juteux, la prochaine crise médiatique à exploiter.
Le football professionnel oublie qu’il repose sur une base immense : les milliers de bénévoles, d’éducateurs, de jeunes joueurs qui font vivre ce sport dans les petits clubs. Mais à force de tout sacrifier sur l’autel du buzz et de l’argent, il scie la branche sur laquelle il est assis. Si le foot amateur s’effondre, le foot pro suivra. Malheureusement, j’ai l’impression que peu d’entre eux en ont conscience.