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Pourquoi, en tant qu’éducateur spécialisé et simple conseiller municipal d’un village, j’ai choisi d’écrire une lettre ouverte aux sénateurs et députés et élus départementaux à propos du travail social?
Parce que le silence devient complice.
Parce que l’essentiel ne peut plus rester à la marge.
Parce que le travail social est à bout de souffle, et que les réponses politiques sont trop souvent déconnectées du terrain.
Je suis éducateur spécialisé depuis des années. J’accompagne des enfants, des adolescents, des familles, des personnes en grande difficulté, souvent invisibles dans les débats nationaux. je constate et expérimente combien les professionnels du lien sont épuisés, mal reconnus, mal rémunérés. Et pourtant, indispensables.
Mon engagement politique est modeste, local, au plus près des habitants. Mais c’est justement de là que monte une inquiétude profonde : celle d’un monde qui se fracture, de solidarités qui se délitent, de services publics qui reculent, et de métiers du social que l’on vide de leur sens au nom de logiques gestionnaires, des politiques plus accaparés par leur plan de carrière que par les problématiques rencontrées par les simples gens.
En tant qu’acteur de terrain, je ne peux plus me contenter d’attendre.
Je veux savoir : quelle place nos parlementaires donnent-ils au travail social dans leur vision de la société ?
Quelles politiques souhaitent-ils défendre pour revaloriser ces métiers, renforcer les équipes, garantir un accompagnement digne pour les plus fragiles ?
Cette lettre ouverte n’est pas un coup de colère, c’est un appel à la clarté. Un appel à la responsabilité.
Parce que ceux qui tiennent ce pays debout – éducateurs, assistantes sociales, animateurs, psychologues, infirmiers, bénévoles – méritent autre chose que l’indifférence.
C’est aussi cette vision du rôle politique qui m’anime : celle d’un élu au service des plus vulnérables, d’un relais entre le terrain et l’hémicycle, d’une voix qui ne se tait pas quand le lien social se délite.
Je crois profondément qu’un engagement politique, aussi modeste soit-il, doit commencer par là : faire entendre celles et ceux qu’on n’écoute plus.